"Vol" d'un ticket de caisse : Cora abandonne la procédure

Une caissière de l'hypermarché de Mondelange, également élue CGT, était menacée de licenciement pour avoir ramassé un bon de réduction.

Anne-Marie travaille depuis dix ans dans l'hypermarché Cora de Mondelange en Moselle. (DENIS CHARLET / AFP) Anne-Marie travaille depuis dix ans dans l'hypermarché Cora de Mondelange en Moselle. (DENIS CHARLET / AFP)

L'hypermarché Cora,qui avait convoqué une salariée du magasin de Mondelange pour un entretien préalable dans le cadre d'une procédure de licenciement, a annoncé mercredi 26 octobre dans la soirée, via son compte Facebook, abandonner la procédure. "Nous avons conscience de l'émotion suscitée par les informations parues depuis ce matin", affirme l'enseigne sur son "mur". Tout au long de la journée de mercredi, l'information avait été largement relayée par les médias et avait provoqué l'indignation sur les réseaux sociaux.

Comme le révélait le "Républicain Lorrain", il était reproché à Anne-Marie, caissière au sein du magasin depuis dix ans, d'avoir ramassé un ticket de caisse au dos duquel se trouvait une offre promotionnelle. Le magasin avait engagé contre l'employée une procédure de licenciement pour faute grave.

"Une pression terrible"

Le 24 septembre dernier, "j'ai vu que, sur un ticket oublié par une cliente à une caisse automatique, figurait une offre promotionnelle de Mac Do, expliquait dans la journée Anne-Marie au 'Nouvel Observateur'. J'ai donc ramassé le ticket et découpé le bon". Mais lorsqu'elle termine sa journée de travail, elle est convoquée par la direction et accompagnée jusque dans le bureau par un agent de sécurité. S'en suivent deux heures d'entretien "dans une petite pièce avec une pression terrible", selon Denis Pesce, secrétaire de l'union CGT de la Moselle qui suit le dossier.

Finalement, l'enseigne Cora porte plainte pour vol et c'est, cette fois-ci, par la gendarmerie qu'Anne-Marie est convoquée. Mais l'affaire ne s'arrête pas là : portée devant le Procureur de la République, celui-ci lui a adressé un rappel à la loi estimant que ce ticket était bien la propriété de Cora. Si cette mesure la protègeait d'éventuelles poursuites judiciaires, elle lui signifiait également son tort au regard de la loi. "C'est grave, estimait Denis Pesce, car cette décision du Procureur peut aider la direction à faire aboutir la procédure de licenciement ".

Une "chasse aux sorcières"

Mais pour la CGT, cette histoire tient bien moins à une histoire de ticket de caisse qu'à une "véritable chasse aux sorcières". Dans la grande distribution les syndicats sont assez peu implantés, mais au Cora de Mondelange la CGT a recueilli 85% des suffrages aux dernières élections, explique la CGT. C'est d'ailleurs le seul syndicat présent sur le site avec une dizaine de délégués pour environ 300 employés au total. Depuis deux ans, date de l'arrivée d'un nouveau directeur de magasin, les élus sont victimes d'un "contexte de répression syndical", assure Denis Pesce.  Et Anne-Marie, élue CGT au Comité d'entreprise et suppléante du délégué du personnel, en fait partie. "En deux mois, nous avons reçu 39 lettres recommandées", souligne le syndicaliste. "C'est une volonté déterminée de dégager la CGT", confirme Anne-Marie émue. L'hôtesse de caisse affirme être en dépression depuis le début de cette histoire. "Il m'a anéantie au point que je me sens coupable", ajoute-t-elle.

Aucun dialogue social

Dans un communiqué publié mercredi, la CGT commerce dénoncait des "méthodes d'un autre âge" et une "politique de réductions des coûts" ainsi que l'absence de "dialogue social" dans l'établissement. Toujours selon le syndicat, "l’union départementale CGT de Moselle et la fédération Commerce CGT qui ont participé à une réunion de soutien aux salariés de cet établissement hier ont eu la mauvaise surprise d’être accueillies par un huissier mandaté par Cora pour constater d’éventuels débordements lors de cette réunion".

Jointe dans la journée par "le Nouvel Observateur", la direction du Cora de Mondelange avait simplement répondu qu'une procédure étant en cours, et qu'il n'était pas possible de la commenter. De son côté, le groupe Cora avait posté un message sur sa page Facebook, affirmant "comprendre" les réactions indignées des internautes, et ajoutant : "Nous sommes actuellement en contact avec la direction de l’hypermarché Cora de Mondelange afin de clarifier cette situation."

"Une mascarade honteuse"

Pour la députée de la Moselle, Aurélie Fillippetti, cette affaire est "une mascarade honteuse". "L'accusation de vol serait simplement déplorable si elle ne s'accompagnait d'une exploitation honteuse et grossière par la direction du magasin", avait-elle déclaré dans un communiqué. "Et je ne suis pas dupe quant au but poursuivi par la direction, à savoir se débarrasser d'une syndicaliste", a-t-elle ajouté.

Anne Collin - Le Nouvel Observateur

 

depuis 3 ans à CORA Wattignies : cahque année changment de direction , pour réduire les coûts , polyvalence , résultat la même personne vends aussi bien du fromage un jour , l'autre de la charcuterie le suivant du poisson .  Pour le client : des vendeurs qui ne connaissent pas des produits . Réduction de personnel : résultat pour le clients des rayon jamais suffissament remplis , pour exemple le jeuid 10% sur les poduits Cora , à partir de 15h certains produits Cora ne sont plus disponible en rayon .

davantage de CDD non renouvellé aux caisses : résultats coté humains contact client nul

etc.......... CORA un enseigne qui pour augmenter ses profits en période de crises stresse le personnel et sa qualité de service pour sa clientèle

note coté humain que je donne à CORA ZERO